Biarritz, bord de mer

Biarritz, bord de mer


 Il me sembla de voir la figure d'une pensée, pour la première fois placée dans notre espace… Ici, véritablement, l'étendue parlait, songeait, enfantait des formes temporelles. L'attente, le doute, la concentration étaient choses visibles. Ma vue avait affaire à des silences qui auraient pris corps.
Paul Valéry à propos du Coup de dés de Stéphane Mallarmé









 



#BeforeWeUsedToTravel - Petra1995-1996


Voyages à Perta

Extrait 1995

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Dans la première partie du Siq le soleil se lève au fur et à mesure que j’avance, le ciel pâle du matin se teinte de bleu. Les grès blancs, gris il y a quelques minutes, se modèlent, se colorent de jaune, s’illuminent. Au premier coude du chemin, les parois sont encore éloignées l’une de l’autre. J’aperçois des niches dans la roche. L’œil attiré s’exerce, s’accommode, tente de discerner le travail de l’homme de celui de la nature. Le temple Obélisques avec son Triclinium, en face les Djins Blocks, gardiens monolithes. Virage à gauche. Le couloir se pince, une pente s’amorce. Le Siq a trois mètres de large et cent mètres de haut. Retour de l’ombre alors que le soleil éclabousse les sommets, les sons changent. Les oiseaux crient dans le silence. Légère brise, frisson du feuillage. Les parois se renvoient l’appel des oiseaux. Mes mains caressent la roche, se glissent dans les niches. Les figuiers naissent et vivent dans les parois verticales. Verts poussiéreux sur les rouges, les ocres, les roses. Où que l’œil regarde, il découvre une niche, un bétyle, des tafonis , la trace des ciseaux sur la pierre. Le Siq est au plus pincé, au plus sombre. Dernier coude. Une faille. Dans la lumière crue du matin s’impose le Khazneh Firaoun. La scénographie nabatéenne est parfaite.


Rafaële Ide 1995



Cahier de Petra 
Legionnaire1 
Page 5

 
Cahier réalisé à l’occasion de deux voyages à Petra en Jordanie

Peinture acrylique, encre, craie et collages sur papier Arches

Paysages en friche

“Paysages en friche“            2018
Série en cours
Format : 21 x 29,7 cm
Impression aux encres pigmentaires sur papier Sumi-e marouflé sur papier aquarelle Fabriano.
Impression aux encres pigmentaires sur calques de couleur.
Papier japon et peinture acrylique.
Assemblage piqué à la machine.
Rehauts au crayon Dermatograph Mitsu-Bichi



 
Les orgues d'Espaly




Mont Cervin




Hardanger fjord en Norvège



Bramabiau




Pont d'Espagne

Connectée, déconnectée

La Cène (une histoire...)








La Cène (une histoire…)
Le repas
La Cène, fresque de Léonard de Vinci est, selon l’artiste, une poésie muette. L’attitude de chacun à l’instant choisi par le peintre, exprime une psychologie individuelle. Physionomies et gestes miment la colère, la peur, la résignation, la douleur, la stupeur, l’effarement...

C'est un événement dont les participants sont uniquement masculins. Léonard de Vinci par le choix de ses modèles, notamment pour Jean, suggère l'ambiguïté des genres.

D'autre part l'œuvre s'est très rapidement détériorée et a subi des restaurations plus ou moins maitrisées jusqu'à la fin du XXème siècle posant la question de la pérennité d'une œuvre, des limites de la restauration.


C'est avec fascination que j'observe depuis l'enfance, ce qui advient quand plusieurs personnes se retrouvent pour partager un repas. Autour du périmètre de la table interface des mots et des gestes, s’engage le jeu de l’émetteur et du récepteur, de prises de pouvoirs, de soumissions, de révélations.

Le choix de la fresque de Léonard de Vinci pour la série intitulée La Cène (une histoire…) et Le repas me permet, à travers différentes supports, d'interpréter tous les rôles, d'étudier les comportements humains.



Gestes de Cène
"Un qui buvait laisse sa tasse et tourne la tête vers celui qui parle. Un autre croise ses doigts et, le regard étonné, se tourne vers son compagnon; un autre montre les paumes de ses mains ouvertes et hausse les épaules, bouche bée de stupeur...”
Léonard de Vinci


Texte de SCANELLI en 1657

après sa visite au couvent Santa Maria Delle Grazie à Milan.

"J'allai à Milan où à peine arrivé, impatient de découvrir les effets extraordinaires de la très célèbre Cène, je me rendis au réfectoire des Pères prêcheurs pour y assouvir ma grande curiosité, et je peux attester qu'en cette occasion la rencontre me laissa  extrêmement étonné; je découvris que cette œuvre ne conservait que peu de vestiges des figures et d'une façon si confuse qu'à grand peine je pus distinguer ce qui en avait été le sujet, quant aux têtes, comme les mains, pieds et autres parties nues en demi-teintes claires, livides, je les trouvai presque passées et à première vue, elles sont complètement éteintes; la plupart des personnages se sont détachées du mur et d'autre part sont très obscurcis ne laissant à voir que les bons vestiges d'une œuvre devenue déjà complètement inutile et désormais il ne reste plus au spectateur qu'à croire à la bonne réputation qu'elle eut dans le passé".

Rafaële IDE
juin 2010

Swiming with the sharks


À l'aide de tubes en caoutchouc transparents et noirs, brillants et mats, le casque se métamorphose, à la fois scaphandre et pieuvre
Expérience intime et fantasmatique, regard cadré par le rectangle du hublot. L'angle de vue réduit, décuple l'effet de surprise. Fascination et angoisse, actrice et spectatrice  dans ce milieu aquatique infini, féerique, hostile, dangereux. Le casque est habité ou, dans le reflet du verre devenu miroir, révèle les paysages des profondeurs. https://rafaeleide.blogspot.com/p/nemotcknic.html
 
Fin 2005 début 2006 je réalise la vidéo “Swiming with my barbie“.
Regard médusé, cadré par le rectangle du casque, en référence à  “La femme visible “de Max Ernst  (1925), les yeux écarquillés cherchent. 
La poupée mythique passe et repasse dans un crawl parfait. Le temps glisse sur elle
Dessins, animations et images vidéos constituent le film.

Vidéo sélectionnée en section expérimentale au festival de Jeumont (Maubeuge) en septembre 2006, et aux Instants vidéo de Marseille en novembre 2006.

Vidéo remontée en avril 2020




DIY safety mask-Nemotecknic

 Rafaele IDE site



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Rafaële Ide est peintre, photographe et vidéaste. A l’origine de ses projets de création, cependant, c’est toujours le dessin qui ouvre les perspectives. Ses œuvres se déclinent, cheminent dans le temps et s’organisent en séries, où plusieurs médiums peuvent se rencontrer, se compléter. Ses livres d’artiste, réalisés en lien avec des séries, incluent des notes personnelles, textes, citations, offrant une approche de l’œuvre sous un format plus intime.
Au fil des années, certains thèmes de son travail croisent l’œuvre de grandes figures de l’art comme Cézanne, Léonard de Vinci, Le Caravage ou, dans le domaine contemporain, Louise Bourgeois. Le travail de Rafaële Ide naît également de points de rencontre avec l’œuvre d’écrivains ou de poètes tels que Francis Ponge, Pablo Neruda, François Cheng, Philippe Jacottet… et Jules Verne.

Ce dernier lui a inspiré la série Nemotecknic, débutée en 2005 et poursuivie jusqu'en 2015, qui se compose de photographies argentiques et numériques, de dessins à l’encre de Chine sur papier Aquarelle, de textes, de trois livres d’artistes, et de quatre vidéos.

“Plus la rencontre des éléments était inattendue, plus l’étincelle poétique qui surgissait était surprenante pour moi“ Max Ernst

Muriel Peissik
Juin 2016


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Musée du Scaphandre
Espalion - Aveyron
France


Trois œuvres contemporaines dialoguant avec l’univers de Nemo
entrent au Musée du Scaphandre

L’appareil-plongeur Rouquayrol-Denayrouze (classé Monument historique en 2006), parce qu’il a inspiré à Jules Verne le scaphandre du capitaine Nemo, suscite le développement au sein du Musée d’une section dédiée à la fiction et à l’imaginaire des machines à plonger.
C’est à ce titre que trois œuvres de la série "Némotecknic" de l’artiste plasticienne Rafaële IDE,(lauréate du Prix des Ambassadeurs 2005 “Sur les traces de Jules Verne”), viennent d’entrer dans les collections.

"Némotecknic" cristallise, dans une série de variations autour d’un masque de sablage, déniché par l’artiste dans une brocante sur l’Aubrac, la fascination née de la lecture de "Vingt Mille Lieues sous les mers" dans l'enfance.

Affublé de multiples tuyaux et fils électriques, devenu casque de plongée, le masque apparaît habité par "La Femme visible" de Max Ernst (1925), mise en abyme du regard de l’artiste, médusée par l’effroi des profondeurs et les rencontres insolites - telle la barbie trop parfaite de la vidéo - menacée de se muer en pieuvre.

Le hublot se fait aussi miroir d’ambiances sous-marines, réminiscences verniennes en forme de méditations sur la forêt de l’île de Crespo, le cimetière sous-marin…
Ces métamorphoses reflètent l'expérience fantasmatique du moi dans l'isolement du casque, dont les effets de cadrage et de close-up renforcent la stupeur devant les grands fonds de l’âme et de la mer, à la fois féériques et hostiles.  

“Nemotecknic", qui marque l’entrée de l’art contemporain au musée  et l’intérêt de celui-ci pour l’actualité du scaphandre dans notre société, croise plusieurs de ses thématiques fondatrices : le passage du terrestre au subaquatique, l’imaginaire vernien,  l’interrogation sur l’identité du scaphandrier, l’ancrage aveyronnais…

Ces œuvres, dont les supports se complètent et les techniques s’interpénètrent (dessin, photo, vidéo), viennent rejoindre, entre autres, le beau et humoristique "Casque à vapeur" de Fred Mella (1969), qui a photographié Georges Brassens – et sa pipe - dans un casque Galeazzi.


Muriel Peissik
Communiqué - mai 2008







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